Sur le chemin de la simplicité

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«Vivre d’amour et d’eau fraîche» quelle belle vision de la vie, non? Est-ce que tout le monde peut y arriver? Est-ce que je peux y arriver? Cela fait quelque temps que j’aspire à la simplicité volontaire, comme on dit. Au début c’est arrivé dans ma vie par défaut. 

Je suis arrivée au Japon, comme étudiante en mars 2015. Quand on décide d’étudier à l’étranger, on réalise vite que sa maison en entier ne rentre pas dans deux valises, parce que même si on essaye fort, ça rentre pas! Croyez-moi j’ai essayé! À l’époque, je voulais tout amener, j’avais peur de manquer. De manquer de shampoing, de dentifrice, de vêtements, de pairs de souliers. Comme si je partais dans un pays où il n’y avait rien d’accessible. Vraiment?! Le Japon a tout ce dont qu’on a de besoin pour vivre confortablement. 

Alors que j’essayais de faire rentrer mon 4 1/2 dans mes deux valises, j’ai réalisé que c’était stupide de ma part et j’ai recommencé le processus des valises. J’ai repris du début. Pendant une semaine, j’ai ajouté petit à petit les trucs que j’étais sûre que j’allais utiliser et que j’aurai besoin une fois sur place. Avant de mettre un objet dans ma valise, je me demandais: «est-ce que j’utilise ça tous les jours?» et «est-ce que je ne pourrais pas en trouver là-bas?» Ce sont deux questions simples qui ont fait toute la différence, car au final, je suis partie avec seulement une valise! (j’en avais déjà une qui m’attendait à Tokyo chez une amie, mais bon, ça, ça compte pas- hahaha) Donc, disons qu’au final, j’avais deux valises. Pas si mal de rentrer sa vie dans deux valises, pour une fille sur-consommatrice.


La voie vers la simplicité n’est pas toujours facile, au contraire, surtout quand tu viens d’une famille avec un passé de surconsommation. Toute jeune, mes parents avaient des valeurs très différentes concernant l’argent et les biens matériels. D’un côté, je me faisait dire d’économiser mon argent et «d’y faire attention» et de l’autre, on me disait que quand on a de l’argent, on le dépense et des fois même sans compter. Je suis reconnaissante d’avoir connu les deux côtés de la médaille. D’avoir connu les deux extrêmes, si je peux me permettre, m’a vraiment aidé à trouver le juste milieu en devenant adulte.

J’ai eu les deux extrêmes par phase aussi. Toute petite, j’économisais mon argent de poche et je ne dépensais rien. J’allais même jusqu’à charger des intérêts à quiconque qui m’empruntait de l’argent (belle idée de mon père). Merci papa! Dès que j’ai commencé à travailler à temps partiel, par contre,  j’étais une toute autre personne. J’achetais, j’achetais et j’achetais sans arrêt et surtout sans compter. J’y trouvais un certain plaisir. Je dépensais beaucoup sans jamais être satisfaite, je voulais tout le temps plus. Il me manquait toujours quelque chose.

En 2013, j’ai voulu aller au Japon pour un an (avant de venir y étudier plus tard). J’ai pris le peu d’argent que j’avais et je suis partie. Vu que j’étais partie avec peu d’argent, il a fallu que j’emprunte à ma banque. Donc après un an de voyage au Japon, j’étais heureuse (enfin je croyais), j’avais la tête remplie de beaux souvenirs et j’étais surtout endettée, mais à ce moment là, ça m’importait peu parce que: qui n’a pas de dette de nos jours? C’est pas une si mauvaise chose une dette si c’est un bonne dette, non? J’ai appris plus tard qu’il n’y a pas de bonne dette, il y a seulement les dettes, mais ça, ça pourrait être le sujet d’un autre billet. C’est sûr que si je ne m’étais pas endettée à ce moment là, je n’aurais pas fait tout ce que je j’ai fait durant mon voyage, et je n’aurais surement pas appris de cette expérience et surtout je ne serais pas entrain d’écrire ce billet. Donc je devrais peut-être être reconnaissante? Non… À la limite, les choses auraient simplement tournées d’une autre manière.


Donc, je pourrais dire que ma soif de simplicité est née d’un écoeurement de maximalisme. Je voulais rembourser ma dite bonne dette et surtout repartir au Japon un jour et ne pas le faire sur le dos de la banque, qui aime trop ça malheureusement.


La simplicité a été un besoin au début, car je n’avais pas vraiment le choix, mais plus je remboursais ma carte de crédit, plus je trouvais ça satisfaisant. Plus satisfaisant à long terme que de m’acheter une nouvelle robe chez H&M ou la dernière palette de maquillage Naked. La joie que j’éprouvais était différente aussi. Ce n’était pas une euphorie éphémère, mais plus une satisfaction constante et grandissant. Beaucoup plus intéressant comme sentiment à long terme. J’étais de plus en plus satisfaite, même si à chaque fois que je faisais mon paiement de crédit, je m’en voulais d’avoir dépensé sans compter.


Maintenant, je vois le tout comme une belle leçon qui m’a montré que je ne veux pas retourner dans ce genre de situation, parce que même encore aujourd’hui, je paye toujours cette dette. Ouais! Elle avait un peu dépensé la fille! Ce qui est différent maintenant quand je paye mon relevé à chaque mois, c’est que je ne me tape plus sur les doigts. Ce temps là est passé et,  maintenant, je sais que je suis en chemin vers le dept free


Donc, pour revenir à mon histoire du début, en mars 2015, j’arrive au Japon avec ma valise pleine à craquer et passe voir mon amie qui avait mon autre valise tout aussi pleine de choses que je n’avais pas utilisées depuis plusieurs mois. De mars 2015 à mars 2016, je me ré-endette un peu… Faut croire que j’avais pas compris le message la première fois. Cette fois, je ne load pas ma carte de crédit au maximum, j’avais compris que ça ne pouvait que m’amener des problèmes. Je continue à dépenser, mais plus consciente de ce que j’achète, si on veut. J’étais retournée aux études, donc l’argent ne rentrait pas aussi vite qu’avant, c’est surement une des raisons pourquoi je ne dépensais pas plus, en fait.

C’est seulement au printemps 2016 que j’entends  parler du minimalisme pour la première fois. J’ai commencé à écouter le podcast de The Minimalists. Très rapidement,  je suis devenue accro au contenu créé par ces deux énergumènes, parce que pour moi ils étaient des extraterrestres. J’enchainais les podcast, après podcast et je trouvais de plus en plus que leur message faisait du sens. Donc, comme beaucoup je me suis auto-proclamée MINIMALISTE, sans même vraiment savoir  ce que c’était vraiment.

 Aujourd’hui, je suis toujours en cheminement vers le minimalisme si je peux dire. Je le pratique au quotidien, mais il y a toujours place à l’amélioration! Être minimaliste pour un, n’est pas la même chose pour un autre . Le minimalisme n’a rien de négatif et ce n’est surtout pas un style de vie où l’on se prive, au contraire, c’est faire de la place pour les choses qui sont vraiment importantes pour nous. Ce qui nous permet de consacrer plus de temps aux choses qui nous tiennent vraiment à coeur , comme créer les relations avec les autres, notre santé, etc.

La simplicité pour moi c’est d’apprécier ce qu’on a au quotidien et le minimaliste est l’un des outils qui m’aide à y arriver. Je vais bientôt vous en écrire un peu plus sur le  minimalisme. D’ici là, revenez aux sources et profitez du moment présent!